Caractéristiques et évolution des patients atteints du syndrome de monofixation détérioré

Contexte: Le syndrome de monofixation est caractérisé par un strabisme à petit angle avec amplitudes fusionnelles de vergence et « fusion périphérique. »Bien qu’il s’agisse d’une affection relativement stable, certains patients atteints de ce syndrome se détériorent, entraînant une hétérotropie croissante, parfois associée à une diplopie. Le syndrome de monofixation détériorée est bien connu des cliniciens; cependant, il n’existe aucune étude décrivant l’évolution et les résultats pour ces patients.

Objectif: Évaluer les caractéristiques cliniques, l’évolution et la réponse au traitement des patients atteints du syndrome de monofixation détérioré.

Méthodes: Nous avons identifié tous les patients de notre base de données qui présentaient une déviation oculaire de < ou = 8 Delta lors d’un test simultané de couverture de prisme, de fusion périphérique et entre 3000 et 67 secondes de stéréoacuité (monofixateurs) qui présentaient par la suite une augmentation de leur déviation à > 8 Delta, perte de fusion ou diplopie. À partir de ce groupe, nous avons évalué les caractéristiques cliniques du patient, son évolution et sa réponse au traitement.

Résultats: Nous avons identifié 29 patients présentant un syndrome de monofixation détérioré qui ont ensuite subi un traitement. Le traitement a consisté en une intervention chirurgicale chez 28 patients et un traitement par lentilles moins chez un patient. Parmi le groupe d’étude, 28 (97%) des patients avaient des antécédents d’ésotropie et 20 patients (69%) avaient des antécédents d’amblyopie. Neuf patients ont noté une diplopie au moment de la détérioration, qui a persisté chez quatre patients après le traitement. Au total, 14 patients (48%) répondaient à nouveau aux critères de monofixation après le traitement, tandis que 20 patients (69%) présentaient un alignement moteur réussi (< ou = 8 Delta). Il y avait une tendance à des résultats moins bons dans le groupe diplopique par rapport aux patients qui n’avaient pas de diplopie, bien que cela ne soit pas statistiquement significatif (P = 0,26 pour le syndrome de monofixation retrouvée). Le suivi allait de 1 mois à 21 ans.

Conclusion: Bien que la monofixation soit considérée comme une condition stable, certains patients se détérioreront avec le temps, comme le montre une augmentation de la déviation oculaire et une perte de fusion. Dans cette étude, 31% de nos patients ont noté l’apparition d’une diplopie. Après le traitement, 48% des patients ont retrouvé la monofixation. Les patients présentant une diplopie à la suite d’une détérioration de leur alignement peuvent être moins susceptibles de retrouver un bon alignement ou une monofixation après le traitement.

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