Définir « l’Imagination Morale »

Inspiré par l’essai exceptionnel de Patrick Deenan sur le sociologue et philosophe culturel Robert Nisbet, j’aimerais définir un terme qui apparaît comme thème dans son travail et qui a été popularisé par Russell Kirk: l’imagination morale.

Il peut être défini comme une capacité humaine unique à concevoir l’humanité comme des êtres moraux et comme des personnes, et non comme des objets dont la valeur repose sur l’utilité ou l’utilité. C’est un processus par lequel un soi “crée” une métaphore à partir d’images enregistrées par les sens et stockées dans la mémoire, qui sont ensuite occupées à trouver et à supposer des correspondances morales dans l’expérience. Une capacité intuitive à percevoir des vérités éthiques et des lois respectueuses au milieu d’une expérience chaotique, l’imagination morale devrait être une aspiration à un ordre correct de l’âme et, par conséquent, du commonwealth. Dans cette conception, être citoyen n’est pas être un individu autonome; c’est un statut donné par une existence née dans un monde de relations aux autres. Être pleinement humain, c’est accepter les devoirs et les obligations dans un but de sécurité et d’endurance pour, en premier lieu, la famille et la communauté locale. Le succès se mesure au développement du caractère, pas aux émotions fugaces du statut. Penser « sacramentellement“ (ce qui signifie que les humains sont liés à un ordre sacramentel de la création, une configuration de l’esprit en communion avec le divin et au-delà du rationnel), c’est un sentiment que la nature a été créée de telle manière que les humains peuvent dessiner de ”vraies analogies », sagesse inaccessible par la méthode scientifique. Les expériences vécues, enregistrées dans la mémoire et évoquées à travers d’autres expériences, peuvent être interprétées par l’imagination afin que les souvenirs deviennent des images, analogues à l’expérience.

La phrase appartient à Edmund Burke. Désespéré des changements forts et rapides que les révolutionnaires français apportaient aux coutumes et institutions établies de la société civile, il écrivait dans Réflexions sur la Révolution en France:

“Mais maintenant tout doit être changé. Toutes les illusions agréables, qui rendaient le pouvoir doux, et l’obéissance libérale, qui harmonisaient les différentes nuances de la vie, et qui, par une assimilation fade, incorporaient à la politique les sentiments qui embellissent et adoucissent la société privée, seront dissoutes par ce nouvel empire conquérant de lumière et de raison. Toute la draperie décente de la vie doit être brutalement arrachée. Toutes les idées surajoutées, fournies par la garde-robe d’une imagination morale, que le cœur possède et que la compréhension ratifie, comme nécessaire pour couvrir les défauts de notre propre nature frissonnante nue, et pour l’élever à la dignité selon nous, doivent être explosées comme une mode ridicule, absurde et désuète.”

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